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 La route du ZIZ

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CHRISTIAN CLAISE
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DATE DE NAISSANCE : 08/09/1954
Masculin DATE D' INSCRIPTION : 13/11/2011

MessageSujet: La route du ZIZ    Mar 26 Nov - 14:08:03

La route du ZIZ                                   

source: JACQUES GANDINI

Les témoignages de l’œuvre des légionnaires et du Génie militaire
 

En partie d'après une étude historique menée par Pierre Soulié, ingénieur à la retraite et grand ami de la Légion, qui retrace un épisode parmi tant d'autres qui montre que la Légion était aussi apte aux travaux qu'aux combats. La route du Ziz illustre parfaitement cette face cachée de l'univers légionnaire.

L'illustration la plus significative de l’activité des bâtisseurs de la Légion au Maroc est la construction de la route reliant Midelt, et par-delà Midelt, les villes de Meknès et de Fès à Ksar-es-Souk, sur le versant méridional du Haut-Atlas, et au Tafilalet. Sur cette route qui traverse une région à la fois grandiose et sauvage a été percé le Tunnel de la Légion, également connu sous le nom de Foum Zabel. Ce tunnel est probablement le plus célèbre de tous les ouvrages réalisés par la Légion au Maroc. Mais on oublie trop souvent qu'outre le tunnel, la Légion a réalisé l'ensemble de la route de Midelt à Ksar-es-Souk, route qui comprend des ouvrages d'art si important qu'un journaliste a pu écrire : "Ce fut là un travail de géants que n'osa réaliser aucun sultan du Maroc."
En parcourant cette route, on est frappé des énormes difficultés auxquelles s'est heurtée sa réalisation et l'on est amené à se dire qu'il a fallu que des considérations politiques et stratégiques d'une importance primordiale conduisent, malgré tous les obstacles, à prendre la décision de la construire. Il est donc nécessaire de replacer ces travaux dans le contexte historique et de rappeler en premier lieu quelles furent les conceptions stratégiques qui présidèrent la pacification du Maroc.


 
Historique des actions militaires pour la liaison Moyen Atlas - Tafilalet

Au milieu de 1915, la colonne d'Ito prend pied au cœur de la montagne, dans la vallée du Guigou. Elle occupe Timhadit puis Almis des Marmoucha. Mais l'attitude hostile de Sidi Raho oblige bientôt à une riposte; le 7 Janvier 1916, le Colonel Simon tombe sur ses contingents vers Tarzout où il revient installer un poste fin mai. Au mois de juin, l'agitateur livre de furieux assauts à la petite garnison. Le Colonel Poeymirau accourt d'Ain Leuh, la débloque le 18 et refoule les dissidents. Cette leçon sévère ramène le calme.
Lorsque la zone entre Sebou et Guigou est solidement tenue, Lyautey prépare une liaison directe avec la moyenne Moulouya et la vallée du Ziz. Pour couvrir la tête de pont de Timhadit, le groupe mobile de Meknès se porte sur Bakrit, en mai 1917; l'occupation de ce point donne lieu à de rude combats au jebel Hayane et au jebel Afgou. Le Colonel Poeymirau se dirige en début juin sur le col de Tarzeft d'où il gagne la plaine de la Haute Moulouya sans difficulté. Après avoir placé une garnison à Itzer, Poeymirau rencontre au gué d'Assaka n’Idjil, le Lieutenant colonel Doury, venu de Bou Denib par le Tizi n’Talrhemt. L'opération constitue un succès remarquable, car elle s'est bornée à une marche pacifique…
En vue de confirmer les résultats obtenus Poeymirau crée des points d'appuis à Enjil et Midelt, dans le courant de l'automne 1917; puis il réalise une deuxième jonction avec Doury au gué d'Assaka n’Tabairt.
Au milieu de 1918 on s'attache à renforcer la route Timhadit – Itzer; un poste est fondé à Kasbet El Makhzen. Mais les troubles du Ziz ont une répercussion dans la Haute Moulouya, au début de 1919 les postes y sont encerclés. Le Colonel Théveney débloque successivement Ksabi, Midelt, Itzer en février et Mars …
La première phase du plan Lyautey, la coupure en deux de la dissidence, est exécutée. En 1919, une première piste sommaire relie Meknès et Fès aux postes de Midelt, Rich, Gourrama, Bou Denib, Meski et Ksar-es-Souk. Ces deux derniers postes assurent la surveillance, en direction du Sud, vers Erfoud et Rissani au Tafilalet, et vers le Nord en verrouillant le débouché de l'oued Ziz sur le plateau saharien. Ksar-es-Souk est, à cette époque, la base de la 2ème Cie Montée du 1er R.E.I.
L'aménagement de cette voie de communication reliant d'une part les capitales traditionnelles du Maroc du Nord, que sont Fès et Meknès et d'une autre part le nord du Tafilalet, répondait à un besoin stratégique. Elle concrétisait en outre le rétablissement des relations politiques et économiques entre le Nord du Maroc et les confins algéro-marocains. En effet, des relations aussi bien politiques que commerciales étroites avaient existé entre le Tafilalet, Fès et Meknès jusqu'à la fin de la première moitié du XIXe siècle.


La réduction des effectifs, jointe aux restrictions de crédits intervenues après la Grande Guerre, permettent d'autant moins d'entreprendre des opérations de grande envergure visant à réduire la dissidence localisée dans les deux sacs de la besace, que les années 1920 à 1926 sont marquées par la guerre du Rif et les durs combats contre les tribus soulevées par Abd-el-Krim.
Ces opérations du Rif ne permettent pas au commandement de dégager les effectifs nécessaires à la réduction des deux zones isolées par les colonnes Poeymirau et Doury en 1917. Toutefois, une première opération, visant à réduire la tâche de Taza, qui correspond au sac de la besace situé à l'Est de la ligne Meknès - Ksar-es-Souk, est entreprise dès 1923. Elle n'aboutit qu'à des résultats partiels, une fraction importante des tribus Aït Tseghrouchen s'étant réfugiée dans le massif du Tichoukht dont la conquête aurait nécessité l'emploi d'un nombre d'unités qu'il était alors impossible de mettre en ligne, compte tenu des contraintes imposées par la guerre du Rif.






L’installation de la route du Ziz

A l'Est, la route de Meknès à la Haute Moulouya par Azrou, traverse le Moyen Atlas au col du Zad (2200 m) et passe à Midelt au pied des contreforts du jebel Ayachi, le sommet le plus oriental du Grand Atlas et l'un des plus élevé. Cette route sera poursuivie au fur et à mesure des disponibilités financières, vers la vallée du Ziz, rivière saharienne, Ksar-es-souk et le Tafilalet.
Mais d'ores et déjà, les communications entre Midelt et le Tafilalet sont assurées par une piste-route aménagée et exécutée pour des fins militaires. Ksar-es-Souk avait été occupé en 1918 au même moment que Meski plus au Sud sur la vallée du Ziz.
Dès cette époque, un poste y avait été construit qui servait de base à la 2ème Compagnie du 1er Etranger. Reliée à Bou Denib, distant de quatre-vingt kilomètres au Nord Nord-Est par une piste sommaire, c'était une base importante où avait été réalisé l'ébauche d'un terrain d'aviation qui permettait des liaisons rapides avec Bou Denib et Colomb-Béchar. On y trouvait également un dépôt des Subsistances, un dépôt du Génie et du Matériel. Les compagnies montées des 1er, 2ème et 3ème Etrangers ont tour à tour été stationnées pour assurer la surveillance de la vallée du Ziz aussi bien vers le Nord en direction de Kerrando et de Rich, que vers le Sud, en direction d'Erfoud, de Rissani et l'ensemble du Tafilalet.

La piste de 1927 a donc un tracé très sensiblement différent de celui de 1919.
Le tracé de référence étant celui de 1927, les différences portent sur les zones comprises entre le :
- le km 16 - ksar et carrefour de Zebzat et le km 42 - raccordement avec la piste de 1919
- le km 94 - ksar des Aït Innou et le km 153 - Ksar-es-Souk Base.

Dans sa conception, la voie de 1927-1928 est donc une piste, mais une piste améliorée, définie par le Maréchal Lyautey comme étant du type "autocyclable", c'est à dire praticable aux véhicules automobiles, aux camions et aux automitrailleuses et blindés légers de l'époque. Elle comporte en effet des aménagements techniques tels que radiers, ponceaux, dalots, rendant possible la circulation durant les périodes de crues.

Un ouvrage publié à l'occasion de l'exposition coloniale internationale de Paris en 1931 et traitant entre autres sujets des travaux entrepris par les armées françaises d'outre-mer, évoque, dans un chapitre consacré au Génie aux colonies, la construction des pistes au Maroc, et plus particulièrement de la piste du Ziz, dans les termes suivants :
"En 1928, l'effort principal porte sur la construction de la route du Ziz… en vue de faciliter le ravitaillement des territoires du Sud Marocain. Dix millions de francs sont consacrés à ce travail effectué sous la direction de la Chefferie de Midelt avec le concours de la 4ème Compagnie du 31ème Bataillon de Génie.
A la fin de l'année (1928), dix-huit kilomètres de route empierrée et cylindrée, soixante-deux kilomètres de plate-forme non empierrée sont réalisées. Il a fallu construire sept radiers submersibles de vingt à trente mètres, quatorze ponts en maçonnerie, vingt-cinq ponceaux ou dalots, un pont métallique de vingt-cinq mètres à Tamerrakech et un tunnel de soixante-deux mètres dans le roc au Foum Zabel."
Ce document est le seul connu actuellement qui donne des indications précises sur l'ensemble des travaux effectués lors de la construction de la piste du Ziz en 1927-1928.

Les journaux de marches et opérations des 2ème et 4ème Etranger, ainsi que l'historique du 3ème Etranger, font apparaître que, en plus de la réalisation des tronçons de la piste correspondant au tracé de 1927, les unités de Légion ont été chargées de la remise en état et vraisemblablement de l'amélioration de certains tronçons du tracé de 1919 conservés dans le nouveau tracé.
De Midelt à Ksar-es-Souk, les chantiers à la charge de la Légion Etrangère ont été en définitifs les suivants :

Secteur de Midelt au ksar de Zebzat : remise en état de la piste de 1919 par la 7ème Compagnie du 2ème Bataillon du 2ème Etranger de mi-février au 16 mars 1928.

Secteur de ksar de Zebzat au point kilométrique 42 : construction de la nouvelle piste par les 2ème Bataillon du 3ème Etranger du 8 août au 11 octobre 1927, les 5ème et 7ème Compagnies du 2ème Bataillon du 2ème Etranger du 6 décembre 1927 au 29 février 1928, et la 2ème Compagnie Montée du 2ème Bataillon du 2ème Etranger du 30 novembre 1927 au 14 février 1928.

Secteur de Rich : remise en état de la piste de 1919 par la Compagnie Montée du 4ème Etranger du 15 septembre au 14 octobre 1927.

Secteur du Tiallaline et de Kerrando : une partie de ce tronçon, du ksar des Aït Innou à Izerrahane, était considérée comme terminée par le Commandant Panescorse au terme de son rapport du 16 mai 1927. Elle a été néanmoins remise en chantier en même temps qu'était ouvert le chantier du sud d'Izerrahane en direction du Foum Zabel, le temps consacré à la remise en état du tronçon compris entre le ksar des Aït Innou et Izzerahane n'étant pas connu.
Les unités ayant travaillé dans ce secteur ont été :
- la 1ère Compagnie du 1er Bataillon du 2ème Etranger du 1er juin au 27 août 1927,
- la 3ème Compagnie du 1er Bataillon du 2ème Etranger du 5 juin au 8 juillet 1927,
- la 1ère Compagnie Montée du 1er Bataillon du 2ème Etranger du 1er juin au 14 septembre 1927,
- la 2ème Compagnie Montée du 2ème Etranger du 3 janvier au 27 février 1927 puis du 20 juillet au 14 octobre 1927 (secteur de Bou Idighane),
- la Compagnie Montée du 4ème Etranger du 15 octobre 1927 au 14 mai 1928.

Secteur du Foum Zabel : la délimitation du secteur du Foum Zabel n'est pas connue. Il paraît logique d'estimer qu'il comprenait, en plus du tunnel, l'aménagement des rampes d'accès au tunnel depuis, au nord, le marabout de Moulay Ben Kasseur jusque, au sud, au ksar d'Imezouarene.
Les travaux ont été effectués par les :
- Compagnie de sapeurs-pionniers du 3ème Etranger du 24 juillet 1927 au 20 avril 1928,
- 1ère Compagnie du 1er Bataillon du 2ème Etranger du 1er au 17 octobre 1927,
- 1ère Compagnie du 1er Bataillon du 3ème Etranger du 11 avril au 17 mai 1928,
-  2ème et 3ème Compagnies du 1er Bataillon du 3ème Etranger du 24 avril au 17 mai 1928,
- 1ère Compagnie Montée du 1er Bataillon du 3ème Etranger du 23 avril au 17 mai 1928.



Extrait du Grand livre des insignes de la Légion Etrangère par Tibor Szecsko, SIHLE 1991



Secteur du ksar d'Ifri : le chantier a été à la charge de la 3ème Compagnie du 1er Bataillon du 2ème Etranger du 28 juillet au 19 septembre 1927.

Secteur du ksar d'Amzoudj : ce tronçon a été réalisé par les quatre compagnies du 1er Bataillon du 3ème Etranger entre le 17 février et le 11 avril 1928 pour la 1ère, le 22 avril 1928 pour la 1ère Compagnie Montée, le 23 avril 1928 pour les 2ème et 3ème.
C’est ces compagnies qui ont laissé les plus vestiges de gravures sur les rochers bordant la piste et devant le ksar d’Amzoudj.

Amzoudj. Photo d'époque avec le monument de la Légion
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Petitpère
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Masculin DATE D' INSCRIPTION : 26/05/2012

MessageSujet: Re: La route du ZIZ    Mar 26 Nov - 19:08:31

Bonsoir,

A ce sujet il existe un site  "Historiques des Compagnies de Sapeurs Pionniers"

Lien: http://www.la-legion-au-maroc.fr/historiques-des-compagnies-de-sapeurs-pionniers.html
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