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 Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne

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CHRISTIAN CLAISE
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DATE DE NAISSANCE : 08/09/1954
Masculin DATE D' INSCRIPTION : 13/11/2011

MessageSujet: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Ven 11 Sep - 17:12:58

Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne


 
1er septembre 1915 : le 2e Régiment de marche du 1er Etranger arrive à Plancher les Mines dans la matinée. Il est renforcé par un peloton de sapeurs comprenant :
-Un officier : lieutenant Gallochon, commandant la section de bombardiers.
-Un adjudant adjoint : l’adjudant-chef Lamaret.
-Une section de sapeurs de 36 hommes.
-Une section de sapeurs ouvriers d’art de 9 hommes.
-Et une section de bombardiers de 19 hommes.
Le 2e Régiment de Marche du 2e Etranger est en station àPlancher-Bas. Il travaille conjointement avec le Régiment frère à l’aménagement des boyaux de Limagne et deNavarre.
5 septembre 1915 : le 2e Régiment de marche du 1er Etranger est passé en revue par le général Codet,commandant la Division Marocaine. Le capitaineLeroy est nommé officier de la Légion d’honneur. Le sous-lieutenant Arbaud est décoré de la Médaille Militaire.
Ensuite le Régiment quitte Plancher les Mines pour s’installer à Pré-Besson et poursuit son instruction au combat.
8 septembre 1915 : le général d’Urbal signe l’ordre N°102 de la 10e Armée pour la prise des Ouvrages Blancs, le 9 mai 1915, par le 2e Régiment de marche du 1er Etranger, lui attribuant sa première citation à l’ordre de l’armée : "Chargé le 9 mai, sous les ordres du lieutenant-colonel Cot, d'enlever à la baïonnette une position allemande très fortement retranchée, s'est élancé à l‘attaque, officiers en tête, avec un entrain superbe, gagnant d'un seul bond plusieurs kilomètres de terrain, malgré une très vive résistance de l'ennemi et le feu violent de ses mitrailleuses".
Le 13 septembre 1915, le 2e Régiment de marche du 1er Etranger participe à une grande revue, en présence du Président de la République, pour la remise de son drapeau. Puis le Président de la République attache au drapeau la croix de guerre avec palmes.
Le 2e Régiment de Marche du 2e Etranger est également passé en revue par le Président de la République, qui lui remet son drapeau.
Mi-septembre 1915 : après deux mois bien remplis par des travaux de fortifications et de manœuvres d’instruction, la division marocaine, qui reçoit en renfort le 2e R.M. du 2e R.E., reprend sa place au combat en Champagne.
A partir du 15 septembre, le 2e R.M. du 1er Etranger est transporté par voie ferrée des Unités pour un autre secteur du Front. Embarquement en gare de Champagney.
De son côté ; le 2e R.M. du 2e Etranger fait mouvement par voie ferrée au départ de la gare de St Hilaire le Temple, puis s’installe au parc de Nautivet et au camp de la Noblette.
Le 18 septembre, les mouvements sont terminés. Le 2e R.M. du 1er Etranger s’installe dans les deux petits bois de la côte 160, au nord-est de Suippes et procède à l’aménagement de boyaux de protection et d’abris pour résister à un éventuel bombardement de l’ennemi.
Avec le 2e Régiment de Marche du 2e Etranger, de nuit, le 2e Régiment de Marche du 1er Etranger procède à l’aménagement du boyau deLimagne, entre la côte 170 et la côte 158.
Le 21 septembre, le 2e R.M. du 1er Etranger reçoit le renfort en provenance de Lyon sous le commandement du capitaine Bernard, composé de 7 officiers et de 109 hommes.
Dans la nuit du 22 au 23 septembre, les travaux s’achèvent. Le lieutenant de Givre du 2e R.M. du 2e Etranger est très sérieusement blessé alors qu’il surveille les travaux.
Le 23 septembre, le colonel chef de corps du 2e R.M. du 1er Etranger remet la Médaille Militaire au sergent Ebel devant le front du bataillon « B ».
Composition du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger :
-chef de corps : lieutenant-colonel Cot ;
-Bataillon « A », commandant Burel, composé de 4 compagnies :
-A1 capitaine Leroy, A2 capitaine Junod, A3 capitaine François, A4 capitaine Auger.
-Bataillon « B », commandant Decléve, également à 4 compagnies :
-B1 capitaineRuelland, B2 capitaine de Sampigny, B3 capitaine Tortel, B4 capitaine de Cellery d’Allens.
 

Du 24 au 29 septembre 1915 : la deuxième offensive de Champagne.

 

Les troupes en présence.

Du côté français, deux armées renforcées, la 4e Armée française du général de Langle de Cary et la 2e Armée française du général Pétain, sont déployées. Elles sont composées chacune de quatre corps d'armée et d'un corps de cavalerie. La 4e Armée comprend les 4e32e7e corps d'armée, le 2e Corps d'armée colonial et le 2e corps de cavalerie. La 2e Armée comprend le 14e, 11e et 30e corps d’armée, le 1er corps d’armée colonial et le 3e corps de cavalerie.
Du côté allemand, la IIIe armée allemande du général Von Einem comprend un corps d'armée d'active, le 14e, et deux corps de réserve, le 12e et le 8e auxquels viennent s'ajouter la 50e division et deux divisions d'infanterie placées à la gauche de la Ve Armée allemande sous les ordres du Kronprinz soit, au total, 7 divisions et demi. Toutefois, pour compenser leur faiblesse en effectif, les Allemands se sont profondément retranchés sur leurs positions, faisant montre d'une maîtrise certaine de la fortification de campagne. Leurs lignes sont organisées sur des positions avantageuses composées de points d'appuis fortifiés et d'un réseau complexe de tranchées et de barbelés. Ils exploitent les contre-pentes pour limiter les effets de l'artillerie sur leurs ouvrages défensifs et leurs lignes de ravitaillement.

  • Après l'échec en Artois, zone trop « étroite », le général Joffre veut concentrer ses attaques sur la Champagne qui semblerait être le secteur de prédilection de l'armée française. Il prépare avec soin cette bataille pendant trois mois. Avec cette nouvelle offensive, le général Joffre a toujours l’espoir de forcer une brèche dans le front ennemi. Par ailleurs, On se bat également en Argonne, où la 3e armée du général de Sarrail prête main forte sur l'aile droite de la 4e armée. Ici aussi, une seconde fois, les combats sont sanglants.

 
Le 22 septembre commence la préparation d’artillerie, par temps clair. Pour la première fois, le G.Q.G. donne une grande importance à cette préparation qui doit broyer les infrastructures allemandes. Mais la pluie commence à tomber dans la nuit du 24 au 25. Une pluie serrée, par instants torrentielle, qui ne va pas cesser jusqu’au 28. La craie de Champagne s’est transformée en glaise collante ou en boue liquide, aggravant encore les conditions de progression sous le feu ennemi.
 
24 septembre : le général Joffre donne à lire une déclaration à tous les soldats : « Soldats de la République ! Après des mois d'attente qui nous ont permis d'augmenter nos forces et nos ressources, tandis que l'adversaire usait les siennes, l'heure est venue d'attaquer pour vaincre et pour ajouter de nouvelles pages de gloire à celles de la Marne et des Flandres, des Vosges et d'Arras. Derrière l'ouragan de fer et de feu déchaîné grâce au labeur des usines de France, où vos frères ont nuit et jour travaillé pour vous, vous irez à l'assaut tous ensemble, sur tout le front, en étroite union avec les armées des Alliés. Votre élan sera irrésistible. Il vous portera d'un premier effort jusqu'aux batteries de l'adversaire au-delà des lignes fortifiées qu'il nous oppose. Vous ne lui laisserez ni trêve ni repos jusqu'à l'achèvement de la victoire. Allez-y de plein cœur pour la délivrance du sol de la patrie, pour le triomphe du droit et de la liberté. Joffre. »

  • A 9H45, l'attaque est lancée entre la vallée de la Suippeset la lisière ouest de la forêt d’Argonne. Les soldats portent le nouvel uniforme bleu horizon et un casque. Le général Joffre a nommé le général Castelnau responsable de la manœuvre. Ce dernier dirige la 2e armée du général Pétain et la 4e de Langle de Cary. Pétain commence par lancer le corps colonial, mais les réserves arrivent avec du retard. Les pertes sont lourdes. Langle de Cary attaque à gauche, mais la situation est encore pire.
  • Les deux régiments de marche du 1er et du 2e Etranger, fraternellement unis dans la division marocaine, doivent participer à l’attaque aves la 1ère brigade de la division marocaine, mais sans faire partie de la première vague d’assaut. Ils semblent être réservés pour l’exploitation de la percée.
  • Les hommes de la première vague arrivent devant des barbelés presque partout intacts et le feu mortel des mitrailleuses jaillit d’ouvrages au ras du sol Les notes du G.Q.G. n’ont pas pris en compte que les barbelés ne seront presque pas détruits.
  • La 37e division (Constantine) enlève le bois de la Raquette, solidement fortifié, et s’enfonce de plusieurs kilomètres.
  • La division marocaine, 5 kilomètres sur sa droite, rencontre plus de difficultés dans les bois du Trou Bricot. Le 4e bataillon du 1er Régiment de Marche des Tirailleurs marocains parvient à percer mais se retrouve isolé.
  • Pendant deux jours, les messages envoyés vers les Q.G. sont inexacts et sèment la confusion. Là où l’attaque progresse au-delà des crêtes, les fantassins arrivent devant des tranchées allemandes creusées à contre-pente, invisibles à l’artillerie, intactes, et le barrage des mitrailleuses est alors rigoureusement infranchissable. En fait, l’attaque est partout stoppée sur ces deuxièmes positions.
  • A 10 heures 30, la 10e Division d’infanterie coloniale du général Marchand, qui progresse vigoureusement vers la ferme Navarin, doit faire demi-tour parce qu’un déluge de l’artillerie lourde française lui tombe dessus. Le général est grièvement blessé pendant cette attaque.

 
25 septembre : vers minuit, en exécution de l’ordre d’opérations numéro 3 du 22 septembre de la 1ére Brigade, le 2e R.M. du 2e Etranger quitte son bivouac. Le bataillon « C » et la compagnie de pionniers se dirigent vers le boyau du Languedoc, les bataillons « D » et « G » et la compagnie de mitrailleuses vers le boyau deLorraine.

  • A 1 heure du matin, le 2e R.M. du 1er Etranger prend ses dispositions de combat : le bataillon « A », la compagnie de mitrailleuses Mesnil, la compagnie de mitrailleuses Gabet quittent le bivouac et viennent se placer dans le boyau duJapon, entre le boyau de Navarreet celui du Nivernais.
  • A 2 heures du matin, le bataillon « B » et la compagnie de pionniers partent et s’installent dans le boyau du Japon, entre le boyau deNavarre et la route de Souain.
  • Dans chaque bataillon on prend les dispositions préparatoires pour le combat : groupement des unités, repas froid, outil portatif au ceinturon, etc…
  • A 4 heures du matin tout le monde est en place.
  • A 9 heures 15, l’attaque est déclenchée.
  • Le 2e R.M. du 2e R.E. reçoit l’ordre de se porter dans la tranchée de Marseille. Le mouvement s’exécute rapidement, mais subit quelques pertes du fait du bombardement ennemi : capitaine Jung blessé, 4 hommes tués et 10 blessés.
  • A 11 heures, le 2e R.M. du 1er R.E. reçoit l’ordre de se porter à hauteur de la place de l’Opéra ; le 2e R.M. du 2e R.E. reçoit l’ordre de se porter dans la partie ouest des ouvrages de Wagram. Après avoir reçu le baptême du feu en Champagne, dans les secteurs de Reims et de Paissy, seul le 2e R.M. du 2e R.E. est engagé dans la bataille .Les mouvements s’exécutent dans une atmosphère de gaz lacrymogènes et suffocants. Mais déjà les unités subissent des pertes sensibles du fait de mitrailleuses allemandes pas encore détruites, et qui font perdre un grand nombre d’hommes. Après un assaut meurtrier, le régiment s’empare de la butte de Souain et des ouvrages Wagram, avec le soutien des coloniaux de la division du général Marchand sur leur flanc gauche. Le Chef de Corps, le lieutenant-colonel Lecomte-Denis est blessé. Il est provisoirement remplacé par le commandant Rozet. Ce succès ouvre la voie à d’autres unités. Les pertes sont de 3 officiers et 31 légionnaires tués, 168 blessés et 57 disparus.
  • Le Chef de Corps du 2e R.M. du 1er R.E. reçoit l’ordre de porter le Régiment dans les tranchées de premières lignes allemandes en nettoyant le saillant dePresbourg encore garni d’une mitrailleuse allemande qui balaie tout ce qui se présente. Le mouvement s’exécute sous le feu de l’artillerie allemande de gros calibre qui bat le terrain à parcourir.
  • La situation est critique, car les unités de la Légion subissent de lourdes pertes du fait de ce bombardement intensif.
  • Jusqu’à 16 heures 30, les unités de Légion restent sur leurs positions. Puis elles se portent en sécurité dans les bois alentours.
  • Pour son héroïque conduite pendant l’attaque, le 2e Régiment de marche du 2e Etranger gagne une citation à l’ordre de l’armée.
  • En Champagne, 1 800 hommes du 3e Zouaves, constitué au départ en grande partie d’Israélites, sont hors de combat ; 40 officiers, le colonel et 2 chefs de bataillon sur 3 sont tués ; en fin de journée restent 350 hommes et 7 officiers.
  • Le 2e Zouaves combat vers Nampcel ; il occupe le secteur de Quennevières et du Bois Saint-Mard.  Le 2e Zouaves reçoit sa première citation à l’ordre de l’armée après s’être emparé de trois lignes de tranchées et du Bois Volant. Mais le 2e Zouaves perd dans les combats 24 officiers et 1 100 hommes.
  • Le général Marchand avec la 10e Division d’infanterie coloniale, atteint d’un seul bond la deuxième position allemande, faisant plus de 4 000 prisonniers et enlevant 26 canons. Une nouvelle citation et la plaque de Grand Officier de la Légion d’honneur lui sont décernées.

 
26 septembre : toute la journée le 2e R.M. du 2e R.E. reste en position d’attente aux abords de la route de Somme-Py.Le Régiment subit une série de bombardements qui oblige les hommes à se terrer. Les pertes sont de 3 tués, 56 blessés et 1 disparu. Le 2e R.M. du 1er R.E. subit également toute la journée un bombardement intensif qui fait des ravages dans les rangs des légionnaires. Les pertes sont de 12 tués dont le lieutenant François Lestrade, de 96 blessés dont le capitaine François, les sous-lieutenants Joyeau et 41 disparus.
 
27 septembre : pour le 2e R.M. du 1er R.E. qui bivouaque dans le bois jouxtant le boyau de l’Archiduchesse,la journée se passe à aménager des tranchées abris pour se protéger des bombardements incessants de l’ennemi, continuant à lui faire subir de lourdes pertes. Les pertes sont de 11 tués dont le sous-lieutenant Louis Boutonnet, de 38 blessés dont le capitaine Leroy et le sous-lieutenant Voelkel.


    • Vers 5 heures 30, le 2e R.M. du 2e R.E. reçoit l’ordre d’aller prendre une position plus élargie aux abords de la côte 171, dans les tranchées de Berlin et deBohème, récemment conquises.



  • La situation n'a progressé que de quelques mètres. Le général Pétain suspend l'attaque.
  • Mais, à 19 heures, le général Castelnau demande un nouvel effort aux chefs d’unité.

 
28 septembre : le général Castelnau relance l’offensive tandis que le général Joffre lui téléphone, promettent de nouvelles divisions.


    • A 16 heures, l’assaut est donné sur tout le front du groupe d’armées ; cette fois, le 2e Régiment de marche du 1er Etranger y participe. L’objectif qui lui a été désigné est la ferme Navarin, à gauche de la butte de Souain. Les deux Régiments de Légion unissent leurs efforts dans le même secteur pour s’emparer de la ferme de Navarin, proche de la butte de Souain.
    • La position de départ se trouve au sommet d’une espèce de saillant ; inutile de tenter d’attaquer par la gauche ou par la droite ; il faut y aller de face. La ferme en ruines se détache sur un fond de ciel gris foncé, au-delà du lourd rideau de pluie.
    • Le 2e R.M. du 2e R.E. monte à l’assaut en premier, mais se heurte à un dispositif de l’ennemi imprenable. Dans cette action le Régiment perd 10 officiers et 310 hommes.
    • Puis à son tour le 2e R.M. du 1er R.E. du lieutenant-colonel Cot reçoit l’ordre de continuer l’offensive sur la deuxième ligne ennemie et de s’emparer de la tranchée de la « Kultur ». La ferme de Navarin est fortement protégée par un formidable réseau de tranchées et de barbelés ; derrière, il y a une accumulation sans précédent d’armes automatiques et de combattants. Malgré un intense bombardement préparatoire, les positions ennemies sont encore presque intactes et, quand les légionnaires s’élancent à l’assaut, ils se trouvent face aux lignes de défense allemandes à peine entamées. Des sapeurs, tenant des cisailles, arrivent jusqu’au réseau ; ils tombent sur les premiers fils. Les légionnaires progressent sous un feu dense de l’artillerie allemande et se heurtent aux mitrailleuses installées dans cette tranchée. Les compagnies tentent l’une après l’autre de percer ce rideau de fer et de feu et ne peuvent avancer que de quelques dizaines de mètres seulement. L’ennemi, devant cette furieuse attaque, concentre son artillerie sur le petit coin de terrain auquel les légionnaires s’accrochent et c’est l’effroyable massacre. Les compagnies de tête sont presque anéanties. Cependant, personne ne songe à reculer d’un pas. Mais ce sacrifice n’est pas vain. Dérouté, l’ennemi a détourné la presque totalité de son feu et de ses réserves sur le 2e R.M. du 1er R.E. Pendant ce temps, les autres unités du Corps d’Armée, qui attaquent à l’ouest, réussissent la percée des lignes allemandes et prennent à revers l’ennemi installé sur la fameuse butte de Souain. En avant la Légion ! deux fois, trois fois, quatre fois. Un clairon, le caporal Bouilloux, sonne interminablement le Boudin tandis que les copains tombent autour de lui. Quelques légionnaires franchissent en rampant un réseau de barbelés ; puis ils s’immobilisent. Des centaines de légionnaires sont accrochés aux barbelés. Le légionnaire suisse, Frédéric Sauser, alias Blaise Cendars, tombe, un bras arraché. Tous les officiers et la plupart des gradés sont tués ; 12 officiers sont tués : les deux chefs de bataillon Eugène Burel et Eugène Decléve, les capitaines Jacob Junod, Bernard, Edouard Tortel, Jean de Cellery d’Allens, les lieutenants François Lestrade, Joseph Szafraniec dit Franice et Gustave Vernet, les sous-lieutenants Louis Boutonnet, François Cabau et Noël Gouaux ; 12 officiers sont blessés et 3 disparus ; 608 hommes sont tués, blessés ou disparus. Parmi eux, un jeune Américain, Henry Farnsworth.
    • Les deux Chefs de Corps rendent compte simultanément à l’Etat-major de la Division qu’ils ne peuvent poursuivre leurs missions. Les deux unités sont alors mises en réserve et rejoignent le camp de la Noblette.


 
Le 29 septembre, pris d’urgence, le général Castelnau doit abandonner l'offensive. Les munitions manquent toujours terriblement : « En définitive, la lutte sur le front franco-anglo-belge pendant l'année 1915 apparaît comme une course entre notre matériel offensif chaque jour grandissant, et les organisations défensives allemandes de jour en jour plus solides. »
 
Le 8 octobre, l’offensive de Champagne s’achève sur un échec sanglant. La seconde bataille de Champagne a fait 27 851 tués; 98 305 blessés, 53 658 prisonniers et disparus du côté français et des pertes beaucoup plus faibles du côté allemand. Le front a progressé de 3 à 4 km mais la rupture n'a pas été réalisée. Les Allemands ont su faire face dans un premier temps avec les réserves locales et, dans un deuxième temps, avec l'arrivée du 10e corps destiné initialement à la Russie. Elle a démontré l'impossibilité de franchir dans un seul mouvement deux lignes de défense et la nécessité de traiter chacune des lignes séparément. Elle a aussi démontré le manque de coopération entre les armes au sein des armées françaises, notamment entre l'artillerie lourde et l'infanterie. Elle a vu l'introduction du casque Adrian et l'utilisation massive de l'artillerie de tranchée. Elle a été un succès non négligeable au plan logistique et des mouvements.


    • Champagne sera inscrit sur les drapeaux des 2e, 3e, 8e Zouaves, 2e, 3e, 7e R.T.A., 4e R.T.T., R.M.L.E. et 1er R.T.M.


 
11 novembre 1915 : après les terribles pertes éprouvées en Champagne, soit 1 632 légionnaires tués, blessés ou disparus, les deux régiments de marche de la Légion étrangères sont dissous ; c’est avec les débris du 2e R.M. du 1er Etranger et du 2e R.M. du 2e Etranger que le R.M.L.E., Régiment de Marche de la Légion Etrangère, est formé sous les ordres du lieutenant-colonel Cot. Il compte 71 officiers et 3 115 légionnaires. La Légion Etrangère n’est plus représentée que par ce légendaire régiment.

  • Le drapeau du R.M.L.E. porte la fourragère verte rayée de rouge, aux couleurs de la Croix de Guerre 1914-1918, avec trois citations à l’ordre de l’armée, deux gagnées par le 2e Régiment de Marche du 1er Etranger, le 09.05.1915 dans l’Artois et le 28.09.1915 en Champagne, et une gagnée par le 2e Régiment de marche du 2e Etranger , le 25.09.1915 en Champagne.

 
30 janvier 1916 : le général Gouraud signe l’ordre N°478 de la 4e Armée pour le combat de la ferme de Navarin, le 28 septembre 1915, du 2e Régiment de marche du 1er Etranger lui attribuant sa deuxième citation à l’ordre de l’armée :  "Pendant les opérations du 20 septembre au 2I octobre 1915, sous le commandement du lieutenant-colonel Cot, a fait preuve des plus belles qualités de courage, d'entrain et d'endurance. le 28 septembre, avec un admirable esprit de sacrifice, s'est élancé à l‘assaut d'une position qu'il fallait enlever à tout prix et, malgré le feu violent des mitrailleuses ennemies, est parvenu jusque dans les tranchées allemandes". ‘’Au cours de cette attaque qui malheureusement ne pouvait réussir en raison de la solidité de la position allemande que notre artillerie n’avait pas suffisamment ébranlée, les légionnaires ont fait preuve comme le 9 mai, d’un entrain et d’un courage admirables. Ni les feux de barrage de l’artillerie, ni les tirs foudroyant des mitrailleuses n’ont provoqué la moindre défaillance et les hommes ont jusqu’au bout, malgré la perte de presque tous les cadres, conservé une superbe contenance’’.
 
 
Major Hubert Midy & Jean Balazuc P.P.P.
Septembre 2015
 
Sources.
L’Algérie, œuvre française du professeur Goinard. 1984.
L’Armée d’Afrique de 1830 à l’indépendance de l’Algérie – Capitaine Pierre Montagnon.
Le 1er Etranger – Philippe Cart-Tanneur & Tibor Szecsko. 1986.
Histoire de la Légion Etrangère de 1831 à nos jours- Capitaine Pierre Montagnon. 1999.
Histoire de la Légion Etrangère 1831-1981 – Georges Blond. 1981.
Mémoire. Septembre 1915. L’offensive de Champagne. Major Hubert Midy. FSALE. 2015.
J.M.O. du 2e R.M. du 1er Etranger et du 2e R.M. du 2e Etranger.
Site du Mémorial de Puyloubier
Site Mémoire des hommes du S.G.A.
Site du Mémorial du R.M.L.E. Base 1914-1918.
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MEKONG
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MessageSujet: Re: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Dim 13 Sep - 7:54:12



L'histoire, ma passion.

Et quand elle se conjugue avec celle de nos anciens et de sa famille, c'est encore plus intéressant.


Au passage je note que MIDY est toujours au taquet dans ses recherches.
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Jouna
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MessageSujet: Re: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Mar 15 Sep - 14:42:43

MERCI trés bon document  Twisted Evil
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CHRISTIAN CLAISE
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MessageSujet: Re: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Jeu 17 Sep - 9:29:45

La Légion commémore les combats de Champagne



Les 19 et 20 septembre prochains dans la Marne (51), auront lieu à l’occasion du centenaire des combats de Champagne de nombreuses cérémonies commémoratives et manifestations, en l’honneur de tous les soldats et légionnaires morts pour la France. À cette occasion, le Secrétaire d’État à la Défense chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire ainsi que le Général commandant la Légion étrangère seront présents.

Sous l’impulsion de l’Association du Souvenir aux Morts des Armées de Champagne Navarin des cérémonies commémoratives sont organisées ce week-end. La Légion Étrangère sera présente et honorée. La première cérémonie aura lieu le samedi 19 septembre à 16h00 au cimetière militaire de Chambrecy en présence d’une section d’honneur du 1er Régiment Étranger (RE). Elle rendra hommage aux Garibaldiens du 4eRégiment de marche du 1er Étranger. Ce régiment exclusivement composé d’Italiens a vu le jour grâce notamment à la famille Garibaldi et à son soutien indéfectible à la France. Au total, c’est près de 500 volontaires Italiens qui ont donné leur vie, parmi eux deux des frères Garibaldi, Bruno et Constante.

Le soir, la Musique de la Légion étrangère (MLE) donnera un concert gratuit ouvert à tous. Il se tiendra à 20h30 dans la salle des fêtes de Suippes

Le 20 septembre à 9h30 une grande cérémonie aura lieu devant le Monument-Ossuaire de Navarin. Monsieur Jean Marc Todeschini, Secrétaire d’État à la Défense chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire (SEDACM), ainsi que le Général de division Jean Maurin commandant la Légion Étrangère, seront présents. Les drapeaux du 1er Régiment Etranger et du 2e Régiment Étranger d’infanterie, une section du 1er Régiment Etranger et la Musique de la Légion représenteront la Légion étrangère.

À 11h15, une cérémonie au monument de Farnsworth rendra hommage spécifiquement à tous les Légionnaires morts en Champagne durant la 1re Guerre Mondiale.

Enfin, pour clôturer ce week-end de commémoration du centenaire des combats de Champagne la Musique de la Légion se produira gratuitement, de 16h30 à 18h00 au cirque de Châlon-en-Champagne.

En 1915 la guerre fait rage en France au moment même où l’offensive de septembre en Champagne est lancée. La zone d’action des Régiments Étrangers est limitée, elle se situe de la route Souain-Sommepy et continu jusqu’à le ferme de Navarin et la butte de Souain. L’offensive démarre le 25 septembre, déjà les pertes sont effroyables, avec un total de 12 officiers et 456 sous-officiers et légionnaires tués, blessés ou disparus. Les jours suivants, le combat continu et les pertes restent chaque jour aussi lourdes. Le 28 septembres, le bilan s’alourdit encore avec la mort de 20 officiers et 809 sous-officiers et légionnaires parmi eux le jeune écrivain Américain Henry Farnsworth.

Dans sa correspondance de guerre, il avait un jour écrit : « plus j’apprends à connaître la France et les Français, plus je suis heureux d’avoir une occasion de pouvoir leur donner un modeste coup de main ». Cette phrase résume parfaitement l’état d’esprit de tous les combattants étrangers qui se précipitent dès le 2 août 1914 pour s’enrôler dans la Légion, souvent même en trichant sur leur âge.


Pour plus d’informations :
http://www.champagne1418.net
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CHRISTIAN CLAISE
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Masculin DATE D' INSCRIPTION : 13/11/2011

MessageSujet: Re: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Jeu 17 Sep - 9:48:12


Le monument de la Légion Etrangère
Henry FARNSWORTH, Souain
                   
 

Monument Henry FARNSWORTH. Photo collection privée. Droits réservés.

Le Monument de la Légion Etrangère Henry FARNSWORTH, est situé à l'écart du village de Souain-Perthes-les Hurlus, dans le département de la Marne.
"Le Monument Américain" comme l'appele les habitants de Souain, est un cimetière ossuaire où repose parmi 130 corps, des légionnaires des 1° et 2° Régiment Etrangers, tombés lors de l'offensive française en Champagne, en Septembre 1915. Ce Monument Ossuaire a était érigé en 1920 par M° William FARNSWORTH, père d'Henry FARNSWORTH, jeune universitaire américain agé de 24 ans, engagé à la Légion Etrangère le 5 janvier 1915, au Premier Etranger. Henry FARNSWORTH est tué le 28 septembre 1915 au sein du 2 Régiment de Marche du Premier Etranger. Le Monument fut construit à l'été 1920,en dépit de nombreuses difficultés.Les combats avaient transformé la Champagne en un désert: les tranchées,barbelés,obus enterrés,représentaient un danger; Il n'y avait pas de maisons,de chemin de fer,de moyen de transport. Le point de ravitaillement le plus proche était Chalons,situé à 35 kilomètres,en partie en ruine,suite aux bombardements aériens. L'eau était amenée par tonneaux depuis Souain. La pierre du monument provient de la carrière de Souppes (Seine et Marne),près de Chateau Landon,c'est celle avec laquelle fut construit l'Arc de Triomphe à Paris. De Souppes,la pierre était transportée par le canal,jusqu'à Chalons,une distance de 150 kilomètres,puis en camion sur 35 kilomètres,jusqu'à Souain. Les plaques de marbre noires sur lesquelles figurent les noms des morts,sont découpées à Mazy,près de Namur en Belgique. A l'exception de la gravure des inscriptions,le travail fut achevé en moins de six mois,de mai à novembre 1920.Ce résultat est le fruit des efforts de l'ensemble des personnes concernées:
-L'état civil,sous la direction du Lieutenant Picard,qui fut d'une grande assistance.
-M°Despagnat,entrepreneur de travaux public.
-Les ouvriers,ne prennant pas de vacances et travaillant même le dimanche!

Le 3 novembre 1920, en présence de M° et Mme Farnsworth, du Maire et des habitants de Souain, et de beaucoup d'autres, le Cimetière est consacré par Monseigneur Tissier, Évèque de Chalons. Le Général Duport,commandant le Sixième Corps d'Armée, M° Carteron, représentant le Gouvernement Français, et M° Milhaud, responsable du "service des oeuvres Françaises à l'étranger" firent un discours. M° Charles Prince le faisant pour M° et Mme Farnsworth.
Les dimensions du monument sont de 17 mètres sur 22.
L'entrée s'éffectue par le côté nord.
A l'extérieur, une cloture de sapins, de pins, sont plantés, entourés d'une épaisse haie. Le sol de Champagne est si pauvre, qu'il fut nécessaire d'amener de la terre fertile du département de Seine et Marne. Un puit fut creusé afin d'obtenir de l'eau. M° Alexandre Marcel en fut l'architecte réputé : celui-ci était architecte de la Couronne de Belgique et des Maharadjahs Hindoux. Il réalisa notamment :
-la Tour Japonaise et le Pavillon Chinois, deux réalisations architecturales situées à Bruxelles.
-Les pavillons du Cambodge, d'Espagne, et de la Compagnie des Messageries Maritimes lors de l'Exposition Universelle de Paris en 1900.
-L'Ambassade de France au Japon (Tokyo).
-Le Parc Oriental de Maulévrier.

Les textes inscrits en anglais, sont du Président de l'université d'Harvard, M° Charles W.Eliot, et les traductions françaises, de Messieurs J.J.Jusserand et Émile Boutroux. Il est gravé sur les murs du Monument, la liste des légionnaires reposant dans l'ossuaire, ainsi que les deux mentions suivantes :
Première inscription:
A la Mémoire de Henry Weston FARNSWORTH
Né le 7 Aout 1890 à DEDHAM Massachussets Etats-Unis
Tué à l'Ennemi Non Loin De Ce Lieu Le 28 Septembre 1915
Dix Huit Mois Avant l'Entrée En Guerre Des Etats-Unis
Contre La Folie Allemande

Il Souffrit Combattit et Mourut
Non Pour Ses Foyers Menacés Pour Ses Amis
Et Sa Terre Natale
Mais Pour La Cause Universelle De La Liberté
Du Droit Et De La Bienveillance Parmi Les Hommes

Deuxième inscription:
Que ceux qui visiteront ce lieu consacré se souviennent
Que les hommes dont les noms survivent sur cette pierre
Sont morts en pleine jeunesse ou dans la fleur de l'age
Afin que les générations futures
puissent hériter d'un monde plus heureux
d'une société humaine plus juste et plus généreuse
que celle ou vécurent ces braves et leur génération.

Sur le mur faisant face au seuil de l'entrée du monument est sculptée une grande croix et, gravé de part et d'autre de celle-ci, on peut lire:
Près de ce lieu en septembre 1915
Un grand nombre de membres
De la Légion Etrangère Française
Hommes de croyances et de races diverses
Qui s'étaient engagés en vue de combattre
Pour la France Républicaine
Pour le règne de la Liberté dans le monde
Et l'amélioration de la destinée humaine
Ont péri dans des luttes acharnées
Contre l'envahisseur germanique.

Leurs précieux restes
Ainsi que ceux d'autres soldats de France
Retirés de leurs tombes provisoires
Reposent dans cette enceinte sacrée
Édifiée par les parents d'un jeune américain
Qui s'enrola dans la Légion
Le 5 janvier 1915
Et confiée par eux pour toujours
Aux soins du Maire et des habitants de Souain.

Ces hommes renoncèrent
A leur part de joies et d'espoirs humains
Puisse leur suprème sacrifice
Inspirer aux hommes d'autres pays et d'autres temps
Un dévouement sans réserve
Aux libertés publiques,à l'ordre et à la paix.

En septembre 1965, fut organisée à Reims et Souain, une imposante manifestation commémorative du Cinquantenaire des Combats de Champagne, présidée par le Ministre de la Défense de l'époque, Pierre Messmer et du Général (futur Maréchal) Koenig. On notera la présence des Généraux Flipo, Gaultier, Miquel, De Cockborne.
A cette occasion, Madame Loomis, soeur du Légionnaire Henry Farnsworth, était venue des Etats-Unis pour inaugurer la rue portant le nom de son frère.
HENRY FARNSWORTH, un amoureux des livres.

Né à Dedham dans le Massachussetts, Henry FARNSWORTH est diplomé des universités de Groton et de Harvard, en 1912.
Ses intérets se portaint sur les livres, la musique et les arts. Ses préférences allaient vers Burton, Dostoievski, Tolstoi, Gogol, Isben et Balzac, bien que ses études littéraires aient couvert une variété d'auteurs bien plus grande, parmi les classiques anglais ainsi que les auteurs continentaux modernes. A la fin de ses études, il passa l'été en Europe, visitant Vienne, Budapest, Constantinople, Odessa, Moscou et Saint Petersbourg, se délectant des associations historiques, des collections d'art, et des musiques de ces villes, et se liant des amitiés içi et là, comme a son habitude, et étudiant les populations. Sa curiosité était insatiable, particulièrement en ce qui concerne les populations orientales et russes.
Lorsque le guerre éclata en Europe, farnsworth se trouvait à Mexico, où il s'était rendu quand le gouvernement des Etats-Unis avait envoyé des troupes à Santa Cruz. Entre temps, il avait acquis de l'expérience en tant que correspondant et reporter pour le journal "Providence" et il avait publié un livre, "Le journal de bord d'un prétendu correspondant de guerre", dans lequel il décrit ses expériences et observations lors de la guerre des Balkans, en automne 1912, qui l'a fasciné. De retour chez lui, il repartit pour l'Angleterre en octobre 1914, sans intention de s'engager dans la guerre, mais avec le désir de devenir un observateur, espérant pouvoir écrire quelque chose sur le Grand Conflit qui en vaille la peine. A Paris et Londres, l'air était plein de projets militaires, et il fut tenté par plusieurs choix. Finalement, après une période d'hésitation et d'incertitude, il intégra la Légion Etrangère au début du mois de janvier.
Nous pouvons suivre ses aventures durant les neufs mois qui suivent grace aux "Letters of Henry Weston Farnsworth from the Foreign Legion" lettres envoyées aux membres de sa famille, qui furent ensuite publiées par son père, William Farnsworth. Il ne se faisait aucune illusion sur les Allemands : "Fous de jalousie"; il écrit : "c'est ce qui me choque. Ils ne supportent pas l'expression "English Channel"(La Manche)".
Et son admiration envers les "Gaulois" était profonde:"Rien", dit-il, "n'est trop fort pour exprimer le courage discret du peuple Français".

Farnsworth, qui, comme nous l'avons vu, avait un gout prononcé pour les personnages hors du commun, a trouvé en ces compagnons de la Légion, des cas très intéressants. Le 9 janvier 1915, il écrit :
"Au premier abord, il n'y a rien de rude. Beaucoup de ces hommes sont instruits, et ceux qui le sont moins sont des travailleurs forcenés. Dans mon dortoir, par exemple, il y a "Le Petit Père" Ulhin, un viel alsacien, qui a déjà servi 14 ans à la Légion, en Chine et au Maroc. Le Caporal Lebrun, un socialiste bien connu chez lui; Engler, un négociant en coton suisse du Havre. Donald Campbell, journaliste et écrivain d'histoires courtes, qui ne servira pas l'armée anglaise parce que sa famille quitta l'Angleterre en 1745, à l'exception de son père, qui fut Capitaine aux Royal Irish Fusileers (Fusiliers Irlandais);
Sukuna, étudiant fidjien à Oxford, noir comme l'encre. C'est l'une des personnalités les plus intéressantes de la Légion Etrangère: S.L.V. Sukuna est un Prince des îles Fidjis. Son père est le roi d'une des grandes îles et son grand père maternel, le Roi Thakombau, fut le dernier souverain des îles, qu'il céda en 1874 à la Couronne Britanique;
Hath, un Danois, de plus d'1m80, que Campbell appelle à juste titre "La Bête Blonde" en référence au "Zarathoustra" de Nietzsche;
Von quelque chose, un autre Danois, très petit et jeune;
Bastados, un charpentier suisse, né et élevé dans les Alpes, qui chante (après avoir bu le vin de la cantine) bien mieux que toutes les stars d'Opéra comique, et qui fait de temps en temps la "ranz des vaches", ce qui arrive même à faire applaudir le Père Ulhin; le brigadier Mussorgsky, cousin descendant du compositeur;
un petit russe;
deux ou trois juifs Polonais, sans parler des Belges, Grecs, Roumains, etc. . . J'ai déjà ce qu'il faut pour en écrire un article (10000 mots), et d'içi la fin de la campagne, je pourrai en écrire un livre vraiment intéressant.

Plus il s'imprégnait de cette nouvelle vie, plus Farnsworth la trouvait pittoresque et fascinante. Il aimait les hommes et l'état d'esprit qui régnait dans la Légion :
"Je suis désormais tout à fait chez moi, et bien ami avec tout le monde dans la Compagnie, même avec un Belge que l'on m'avait forcé à laver entièrement. Les deux chants militaires "Car nous sommes tous des frères" et le vieux, le meilleur chant militaire du monde :
Soldat de la Légion
La Légion Etrangère
N'ayant pas de patrie
La France est notre mère

sont au fond très réalistes, du moins à la 15e Compagnie".
Avec le temps, le régiment de Farnsworth fut envoyé au front dans le Nord de la France, et début mars il écrivait des tranchées. Le secteur était calme, et il se passait peu d'évènements importants, à part un bombardement de temps en temps, ou quelque fusillades. Il était souvent en patrouille de nuit, dans le "no man's land":
"Il y a une certaine fascination là-dedans, aussi ennuyeux que celà puisse paraitre. La patrouille est sélectionnée dans l'après-midi. Au crépuscule nous nous réunissons afin d'élaborer un plan et de donner à chaque hommes ses consignes; puis, à la nuit, nos poches sont remplies de cartouches, baionnette à la ceinture, et nos chargeurs à bloc. Nous suivons le boyau jusqu'au petit poste, d'où nous décidons de partir. Le long de notre chemin, les sentinelles nous souhaitent bonne chance, et un retour sauf. Au petit poste, nous fixons nos baionnettes, mouchons nos nez, dégageons nos gorges, et nous préparons pour trois heures de silence profond. Sur une parole du chef, nous formons une ligne en ordre déterminé. Les sentinelles nous souhaitent bonne chance pour la dernière fois, et le chef saute sur le bord de la tranchée et commence à se frayer un chemin au travers des barbelés. Une fois dehors, il disparait dans les hautes herbes et l'un après l'autre, nous le suivons. Puis nous rampons jusqu'au lieu prévu. Nous avançons lentement et faisons halte souvent. Chaque bruit est analysé. A l'occasion d'une soit-disant embuscade, je reconnais m'être endormi après avoir passé un moment allongé dans un champs de trèfles. L'adjudant en personne me réveilla d'un léger sifflement, mais comme il me désigna encore la nuit suivante, il ne me semble pas qu'il ait trouvé la chose si grave. Puis , aussi, une fois rentrés au camp, nous ne devons pas monter la garde toute la nuit, et pouvons dormir un peu le matin, et nous tenons de brèves mais agréables conversations sur l'affaire, et l'espoir qu'une nuit, nous nous retrouvions face aux Allemands. "
Lors de l'une de ces expéditions de nuit, Farnsworth et ses compagnons réussirent à coller des journaux français annonçant la déclaration de guerre italienne sur les barbelés face aux tranchées allemandes. Satisfait de leur entreprise, leur capitaine donna à sept d'entre eux vingt françs pour faire la fête. "Quel diner inoubliable!" lança le jeune légionnaire.
"Il y avait le sergent, Zampanedes, un Grec typique, qui avait gagné ses éperons à Zanina et ses galons lors de la campagne Bulgare. Depuis, il avait été étudiant en médecine à Paris;celà pour faire plaisir à sa famille, car son coeur est ailleurs, et il étudie la musique et dessine dans ses temps de loisirs. . . Nous nous sommes trouvés des sympathies pour la première fois au sujet de l'Acropolis, et avons lié une réelle amitié lors de chants de guerre turcs et byzantins, qu'il chante d'une façon funèbre et romantique comme jamais je ne l'ai entendu. Puis, il y avait Nicolet, le clairon de la compagnie, qui engageait dans sa douzième année de Légion, un petit homme suisse incroyable, plus résistant que les tambours avant et arrière, et aussi sage que Nestor pour ce qui est des ruses futiles du Régiment. Le Caporal Mortens, un légionnaire blessé durant l'hiver et cité à l'Ordre de l'Armée pour sa bravoure. Il était, dans son duché natif de Luxembourg, représentant commercial, mais décida il y a 5 ans d'abandonner derrière lui ses dettes et ennuis, et de devenir un "Petit Zephir" de la Légion Etrangère. Sudic, un boucher originaire du même Grand Duché, un homme d'acier moralement et physiquement, mais de peu d'importance mentallement. Covaliero, un Grec de Smyrne, qui aurait pu étendre soies et dentelles aux pieds d'une princesse féodale et la séduire de ses yeux brillants et grands gestes, la forçant ainsi à acheter au delà de ses moyens. On l'a aussi dénoncé pour sa galanterie imprudente. Sukuna et moi-même réalisames le menu. Nous étions tous d'une humeur gaie, et, comme j'en avais les moyens, j'y ajoutais 10 francs, Sukuna fit de même. Certains d'entre nous burent à plus soif, et nous mangeames une salade géante sous les étoiles. Nicolet et Mortens parlèrent de leur bataillon au Sahara, et Zampanedes chanta ses chansons de l'est, et même Sukuna nous émut par ses chants des Tonga. Tel Enée sur l'île de Polyphème, j'ai l'impression que d'içi quelques années, en désaccord total avec mon entourage, je repenserai avec nostalgie à ces longues journées chaudes d'été passées dans le nord de la France, lorsque nous dormions comme des oiseaux à la belle étoile, parmi des amis sympathiques, lorsque personne ne se souciait du lendemain, et qu'à chaque conversation nous changions d'horizon"
La lettre dont on vient de lire un extrait fut écrite par Farnsworth à sa mère le 4 juin 1915. Un mois plus tard, il reçut de chez lui la nouvelle que l'un de ses amis devait se rendre à un camp d'entrainement aux Etats-Unis, où il devait marcher 5 à 6 miles par jour, ce qui l'incita à donner cette image forte d'un épisode de la vie des légionnaires:
"L'autre jour on nous réveilla à deux heures du matin, et on nous envoya à trois heures sous la pluie battante vers un endroit mal défini de l'autre coté des montagnes, pour une revue de notre division. Nous partimes lentement dans l'obscurité humide, à l'aube, le soleil se leva, et, comme d'ordinaire dans la Légion, tout le monde s'en réconforta, et à sept heures nous arrivames au terrain de la revue après avoir parcouru 15 kilomètres dans la bonne humeur. Deux régiments de Zouaves venus d'Afrique était rangés. Nous nous plaçames en formation à leurs cotés, puis arrivèrent les régiments de Tirailleurs, avec leurs couleurs, puis le Deuxième Etranger, fort de 2000 hommes, et enfin un escadron de Chasseurs d'Afrique. Nous déposament nos armes et nous couchames dans l'herbe jusqu'à 8h30. Soudain les clairons des Zouaves sonnèrent le "Garde à Vous" dans un grand fracas et en deux minutes la division fut alignée, chaque homme aussi raide qu'un piquet, et pendant tout ce temps, les clairons sonnant avec force du haut de la ligne, et les petites trompettes stacatto des chasseurs répondant de l'autre extrémité. La sonnerie s'arrêta soudain, et les voix des colonels hurlant "baionnettes aux canons" parurent faibles et noyés dans le bruit des baionnettes;Un moment de silence profond, puis le bruit lent et court du "Général!Général! Qui Passe!" interrompu par le claquement occasionnel, lorsque chaque régiment à leur tour présentait les armes. Lentement le Général passa en revue les lignes, à cheval, deux Généraux de Brigade et un de Division à sa suite. Puis ce fut le défilé. Les Zouaves prirent la tête, leurs clairons jouant "As-tu vu la casquette, la casquette";Puis suivirent les Tirailleurs, jouant l'une de leurs marches militaires, lentement, les clairons donnant la réplique aux pipeaux arabes comme s'ils avaient été menés par Loeffler. Puis la Légion, le Deuxième Etranger venant renforcer nos rangs, et tous les clairons lançant la marche militaire de la Légion "Tiens, voilà du boudin, etc. . . ". Les clairons jouèrent encore et encore cet air léger et argotique, dont certains vers feraient frissoner Rabelais, et dont certaines petites variations rappellent l'image de la Légion, marchant en rang serrés dans des contrées étrangères en feu, et où les tambours rappellent les pas du régiment traversant des déserts de sable. C'était un spectacle très glorieux, et pour finir, les Chasseurs se mirent au galop, rejoignant leurs quartiers. Pour cloturer la journée, le Colonel nous reconduisit directement chez nous, par dessus la montagne, 14 kilomètres de pistes à chamois. (p. s:ce qui fait à peu près 18 miles aller-retour) Lorsque nous fimes de retour à 15h30, n'ayant rien mangé d'autre q'un petit morceau de pain, trois sardines et un peu de fromage, peu d'hommes étaient vraiment épuisés. C'est à ce moment là que j'ai reçu ta lettre au sujet des camps d'entrainement. "
(cette description correspond très certainement au passage en revue effectué par Lyautey, le 28 juillet 1915)
Au mois d'aout, le Régiment d'Henry Farnsworth se trouve en Alsace et dans les Vosges. Des excursions régimentaires se déroulent au Ballon d'Alsace (le 18 aout) et au Ballon de Servance (le 19 aout).
Au sommet, ont lieu des prises d'armes et remises de décorations. En septembre, Henry Farnsworth va prendre part à la sanglante bataille de Champagne.
Sa dernière lettre sera datée du 16 septembre 1915.
Henry Farnsworth est tué lors de l'attaque lancée par son bataillon le mardi 28 septembre 1915. Dans l'après-midi partant à l'assaut des blockhaus allemands du Bois Sabot, il est atteint à la gorge et à la colonne vertébrale par balles de mitrailleuses.
Son camarade fidjien Sukuna tire son corps dans une petite tranchée et ne peut constater que le décés de son ami. Il jure de le venger, et s'avance vers les positions ennemies. Il s'écroule, blessé, la cuisse déchiquetée.
D'autres légionnaires tombent à leurs tours: Samuel Gache de Buenos Aires, diplomé de l'université d'Edimbourg, engagé le 1 juillet 1915 à la légion, arrivé au front juste avant l'attaque.
Raphael de Carvalho, fils du fameux écrivain portugais, tué sur les barbelés du Bois Sabot. Ce 28 septembre marquera à jamais, Blaise Cendrars,l'auteur de "la Main Coupée". Au nord des ruines de la Ferme de Navarin, il sera blessé, puis évacué par l'infirmerie de la "Place de l'Opéra", où s'élève actuellement le Cimetière de l'Opéra.

Un décret du 1 octobre 1918 accordera à titre posthume, la Médaille Militaire à Henry Farnsworth.
A l'université d'Harvard, une grande bibliothèque meublée, porte le nom d'Henry Farnsworth. Elle fut réalisée par Mr et Mme Farnsworth, en mémoire de leur fils. Elle est mise à disposition des étudiants, et contient des ouvrages sur la littérature et la poésie comme ceux qu'aimait lire Henry Farnsworth.
En 1931, dans le cadre du Centenaire de la Légion Etrangère fut imprimé le Livre d'Or de la Légion Etrangère.
La première souscription pour un exemplaire imprimé sur papier japon arriva des Etats-Unis: elle était adressée par Mme Loomis, soeur du légionnaire Farnsworth.


Monument élevé aux volontaires américains tombés au champ d'honneur. Place des Etats-Unis.Paris. Le nom d'Henry Farnsworth est gravé sur ce monument.
(Photographie collection privée. Droits réservés)


LES CIMETIÈRES MILITAIRES DE SOUAIN-PERTHES LES HURLUS
La commune de Souain-Perthes Les Hurlus regroupent cinq autres cimetières
militaires:



-L'ossuaire Français de la Ferme de Navarin. (Monument aux Morts des Armées de Champagne, dédié aux Divisions Françaises, Américaines, Régiment Polonais, Brigades Russes, Brigade Tchécoslovaque qui participèrent aux opérations sur le front de Champagne. Dans la crypte, repose le Général Gouraud ainsi que le Général Prételat)

-Le cimetière Français de l'Opéra.

-Le cimetière Français de la Ferme des Wacques. (Monument aux Morts de la 28ième Brigade érigé par l'aumonier Paul Doncoeur)

-Le cimetière Français de la Crouée.

-Le cimetière Allemand. (situé au bout du cimetière de la Crouée;Il y repose le corps du célèbre peintre allemand August Macke)
La commune de Souain est située en bordure du camp militaire de Suippes qui est implanté sur les ruines de cinq villages entièrement détruits durant la Grande Guerre: Le Mesnil les Hurlus, Perthes les Hurlus, Ripont, Hurlus, Tahure.
Afin de perpétuer le souvenir de ces villages disparus, les noms des communes de Perthes et des Hurlus, sont rattachés à celui de Souain, le 16 Juin 1950.
SEPTEMBRE 1915: Combats de la Butte de Souain et de la Ferme de Navarin.
La bataille de Champagne va réclamer le concours de la Division Marocaine et le 15 septembre, sa 1ère Brigade se trouve sous les ordres du Général Marchand, le héros de Fachoda, qui commande la 10ème Division Coloniale.
La 1ère Brigade de la Division Marocaine regroupe notamment:
- Le 2ème Régiment de Marche du 1RE (formé le 1 septembre 1914, fait partie de la Brigade du Colonel Delavau, rejoignant la célèbre Division Marocaine, le 21 septembre 1914. Celle çi est commandée en septembre 1915 par le Général
Codet.)
Le Lieutenant-Colonel Cot sera le Chef de Corps du Régiment du 5 mars 1915 au 11 novembre 1915.
- Le 2ème Régiment de Marche du 2RE.
- Le Régiment de Marche du 4ème Tirailleurs Algériens.

Le 22 septembre 1915 débute un pilonnage intense sur les lignes allemandes: il va durer trois jours.
L'attaque de l'infanterie se déclenche le samedi 25 septembre sous une pluie diluvienne.
Du 24 au 28 septembre, il pleut sans discontinuer, empéchant le travail de l'aviation et rendant la progression très pénible dans la craie champenoise. Les Français progressent sans trop de difficultés dans les premières lignes ennemies, avançant de 3 à 4 Kms. Mais les Allemands ont aménagé à contre pente,une seconde position de défense, la Reserve Stellung,constituée de réseaux de barbelés, mitrailleuses, redoutes, etc...
Malheuresement, la préparation d'artillerie française n'a pas endommagé la Reserve Stellung.
Le 2ème de Marche du 1er Régiment Etranger ne prend part à la lutte qu'à partir du 28 septembre.
La Ferme de Navarin, objectif qui lui a été fixé, parait imprenable: les réseaux de barbelés sont intacts, les nids de mitrailleuses ne sont pas détruits.
Plusieurs fois, dans ses attaques désespérées, les bataillons se ruent à l'assaut:malgré des pertes très élevées, la Légion ne faiblit pas et ne recule pas.
Les Commandants Declève et Burel tombent devant les tranchées allemandes.

Deux divisions du Corps d'Armée voisin, ont réussie à percer la ligne ennemie à l'ouest de la Ferme de Navarin, encerclant ainsi les positions allemandes et faisant tomber la Butte de Souain. Au cours de cette offensive, les II° et IV° Armées ont fait 25.000 prisonniers dont 350 officiers, et pris près de 150 canons.

Suite aux combats des sanglantes journées de la Bataille de Champagne, le 2° Régiment de Marche du 1° Etranger est dissous.
Il entrera le 11 novembre 1915 dans la composition du Régiment de Marche de la Légion Etrangère (RMLE) avec le 2° Régiment de Marche du 2° Etranger. La IV° Armée lui décerne une citation pour son héroisme, le 30 janvier 1916, pour l'assaut de la Ferme de Navarin. Le drapeau du 2° Régiment de Marche du 1° Etranger deviendra l'emblème du Régiment de Marche de la Légion Etrangère.


Réaliser avec la collaboration de M° Martin Jean et de son épouse Annie. Remerciement à l'Adjudant Emilio Condado Madera, conservateur du Musée de la Légion Etrangère, Aubagne.
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CHRISTIAN CLAISE
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MessageSujet: Re: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Jeu 17 Sep - 9:52:00

Aux Morts des Armées de Champagne

Monument « Aux Morts des Armées de Champagne »
Ossuaire de Navarin
Monument de Navarin

Monument de la ferme de Navarin
Présentation[th]Type[/th][th]Style[/th][th]Architecte[/th][th]Construction[/th][th]Destination initiale[/th][th]Destination actuelle[/th][th]Propriétaire[/th][th]Statut patrimonial[/th]
Mémorial
XXe siècle
Bauer
1924
Monument commémoratif des combats de Champagne (1914-1915-1917)
Monument commémoratif des combats de Champagne (1914-1915-1917)
Propriété privée
 Inscrit MH (1994, monument et ossuaire)
Géographie[th]Pays[/th][th]Région[/th][th]Commune[/th]
 France +
Champagne-Ardenne
Sainte-Marie-à-Py
Localisation[th]Coordonnées[/th]
49° 13′ 07″ N 4° 32′ 31″ E
Localisation sur la carte de France


  • voir sur la carte de la Marne

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Le monument Aux Morts des Armées de Champagne fut créé en 1923 pour commémorer les sacrifices des soldats lors de la Première Guerre mondiale, il est aussi appelé « ossuaire de Navarin » ou encore « monument de Navarin ». Il est situé dans le département de la Marne (51), sur la D977 entre Sommepy-Tahure et Souain-Perthes-lès-Hurlus, au lieu-dit « La ferme de Navarin », sur le territoire de la commune de Sainte-Marie-à-Py.
Le monument et l’ossuaire ont été inscrits au titre des monuments historiques le 27 janvier 19941.

Sommaire


Toponymie

Le monument se trouve sur le lieu de la ferme-auberge de Rougemeont dont un dénommé Parfait Camus était propriétaire. Deux versions populaires existent pour l'explication du nom Navarin, soit le nom est dû à la bataille de Navarin à laquelle le propriétaire aurait participé, soit en réponse aux questions des visiteurs « quoi de neuf aujourd'hui » il aurait répondu en patois « n'ava a rin » (rien de nouveau).

Historique

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, un mouvement de mémoire fit que chaque village, ou presque, s'est fait construire son monument en hommage aux soldats morts au combat ; dans certaines communes y furent ajoutées les victimes civiles. Des associations se créèrent aussi pour garder en mémoire les grands lieux de bataille, les actions de certaines unités ; ici, l'association d'anciens combattants se mobilisait pour créer un objet mémoriel aux soldats qui participèrent aux combats de Champagne. Les généraux Henri Gouraud et Alexis Hély d'Oissel avaient pris la tête de l'Association du souvenir aux morts des armées de Champagne (l'ASMAC, qui existe toujours) et collectèrent des dons de la France entière pour que le 4 novembre 1923 la première pierre soit posée. Il fut inauguré le 28 septembre 1924 avec la participation du maréchal Joffre et du général Gouraud. Le monument est l'œuvre des architectes Bauer et Perrin.
Il rappelle, entre autres, les faits d'armes de la 4e armée française, des batailles comme la première bataille de Champagne, la seconde bataille de Champagne ou la bataille des monts de Champagne.

Description du monument



autel de l'entrée.
L'ossuaire - monument Aux Armées de Champagne a la forme d'une pyramide surmontée de trois statues de soldats menaçants, dont celle du général Gouraud qui est inhumé dans le monument. Cette pyramide de grès rose est coiffée au sommet par une sculpture géante de Maxime Real del Sarte, magnifiant un assaut de deux soldats français aidés d'un soldat américain. Le sculpteur se servit, comme modèle, pour le soldat de gauche, de son frère tombé au combat au Moulin de Laffaux sur le Chemin des Dames qui charge avec son fusil en enjambant la borne 25 km de Châlons. Sur la droite le soldat américain est figuré par Quentin Roosevelt, aviateur mort à Chamery, fils du président Théodore Roosevelt, qui scrute l'horizon avec sa mitrailleuse en réserve sur l'épaule. Le centre est tenu par la figure du général Gouraud, surplombant les autres et frappant de sa force l'ennemi, le poing tenant une grenade.
Au centre de la pyramide, se trouve une chapelle avec des plaques déposées par les familles. La rosace centrale est en forme de Croix de guerre. Un deuxième niveau, plus bas fait le tour de la chapelle d'entrée qui est autant un lieu d'exposition, de caveau pour les deux généraux qui y reposent et un lieu de mémoire avec les plaques pour des unités et les trois enfants du président.

Inscriptions

En plus grand : « Aux Morts des Armées de Champagne » ; juste au-dessus, la liste des 102 divisions françaises, quatre divisions américaines, deux brigades russes, une brigade tchécoslovaque et un régiment polonais.
Sur le côté « Sculp. Réal-del-Sarte 1924, A. Bauer arch. D.P.L.G. » ; En dessous :
« ci gîtle général Henri Gouraudau milieu de ses soldats de la 4e Arméequ'il avait tant aimés.Priez pour eux et pour lui. »
Une plaque à l'intérieur du monument rappelle le sacrifice de quatre des fils de Paul Doumer :
« Au Président de la RépubliquePaul Doumer6 mai 1932et à ses quatre filsAndré René Marcel ArmandMorts pour la France. »

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heris
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MessageSujet: Re: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Sam 19 Sep - 16:35:59


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CHRISTIAN CLAISE
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MessageSujet: Re: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Lun 21 Sep - 16:07:32

Le 20 septembre à 9h30 une grande cérémonie a eux lieu devant le Monument-Ossuaire de Navarin. Monsieur Jean Marc Todeschini, Secrétaire d’État à la Défense chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire (SEDACM), ainsi que le Général de division Jean Maurin commandant la Légion Étrangère, etait présents. Les drapeaux du 1er Régiment Etranger et du 2e Régiment Étranger d’infanterie, une section du 1er Régiment Etranger et la Musique de la Légion a représenté la Légion étrangère.
À 11h15, une cérémonie au monument de Farnsworth a rendu hommage spécifiquement à tous les Légionnaires morts en Champagne durant la 1re Guerre Mondiale.
Une délégation, c'est rendue à la Chapelle Mémorial au Cimetière Russe de St Hilaire le Grand ou des légionnaires sont enterrés


https://www.facebook.com/claisech/videos/10204509142989314/

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CHRISTIAN CLAISE
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MessageSujet: Re: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Ven 25 Sep - 16:39:21

Commémoration du centenaire des combats de Champagne

Cérémonies de commémoration du centenaire des combats de Champagne

Le 19 et 20 septembre, Une délégation et un détachement d’honneur du 1er Régiment étranger accompagné par la Musique de la Légion Etrangère ont participé à plusieurs cérémonies pour commémorer le centenaire des combats de Champagne lors de la grande guerre.
Le samedi 19 septembre, les légionnaires ont visité le site de Navarin et les lieux de combats du RMLE peu avant de participer à une cérémonie d’hommage aux Garibaldiens du 4° Régiment de Marche du 1er Etranger au cimetière militaire de Chambrecy et suivi peu après d’un concert de la MLE à Suippes.
Le dimanche 20 septembre, la délégation et le détachement d’honneur du 1er RE ont participé à une cérémonie au monument-ossuaire de Navarin commandé par le lieutenant-colonel (TA) Rémy Rousseau, en présence du général commandant la Légion étrangère et présidé par Monsieur Todeschini, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire (SEDACM).
La commémoration du centenaire des combats de Champagne a été clôturé par une magnifique cérémonie Légion au monument Farnsworth de Suippes et par une magnifique prestation de la MLE lors d’un concert à Châlons-en-Champagne.
Sur la route du retour, les légionnaires étaient heureux d’avoir visité une région assez méconnue et d’avoir surtout pu ressentir une partie de l’histoire de la Légion durant la grande guerre en visitant les lieux ou le RMLE a combattu et ou beaucoup de légionnaires ont laissé leur vie en servant la France.
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CHRISTIAN CLAISE
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MessageSujet: Re: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Ven 25 Sep - 16:42:18

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CHRISTIAN CLAISE
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MessageSujet: Re: Septembre 1915-La Légion Etrangère et la deuxième offensive de Champagne   Dim 27 Sep - 9:50:37

ANECDOTES :
Le caporal Frédéric SAUSER ,alias Blaise CENDRARS, perdit le bras droit pendant l’assaut de la tranchée de la « Kultur ».Ont été tués aussi François FABER, ancien vainqueur du tour de France et un jeune américain Henry FARNSWORTH, dont le père, en 1920, fit édifier sur les lieux où tomba son fils à SOUAIN en Champagne, un monument dédié à la Légion étrangère qui rappelle ce sacrifice.
SOURCES : JMO des deux régiments, archives.
Major (er) MIDY - FSALE
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